Les Chefs-d’œuvre de Junji Ito T1 : une sélection des meilleurs récits du maître de l’horreur

Dans un élégant écrin bleu pâle à la somptueuse couverture rigide, se cachent dix nouvelles signées Junji Itô — figure incontournable du manga d’horreur. Les Chefs-d’œuvre de Junji Itô – Tome 1 réunit certaines des histoires les plus marquantes de celui que l’on surnomme volontiers le « Lovecraft du manga ». Cette réédition soignée s’accompagne d’une préface du vidéaste ALT 236, ainsi que de précieuses notes de l’auteur en fin de chaque récit, offrant un éclairage fascinant sur le contexte et la genèse de ses créations. Mais que vaut donc ce premier recueil, par rapport aux restes des récits de l’auteur ?

Histoires macabres

Le plaisir presque macabre que l’on ressent à entamer chacune de ces histoires, ce frisson étrange qui nous parcourt l’échine tout au long des pages qui défilent, le cœur serré de voir le sordide sort des protagonistes condamné à errer dans des environnements cauchemardesques… Tout cela, et bien plus encore, contribue à statufier le génie d’Ito ainsi que sa maîtrise de l’ambiance et des situations souvent grotesques dans lesquelles il désire nous emmener. Dans cet ouvrage, les histoires virevoltent entre divers styles et ambiances. D’un vieux vinyle faisant chanter les morts, jusqu’à la nouvelle ayant introduit le personnage culte de Tomie, d’une mannequin au regard carnassier à un jeune homme dont les rêves durent de plus en plus longtemps… C’est une pléthore d’univers effroyables que veut nous montrer Junji Ito avec son coup de crayon si unique, arrivant si aisément à imager de fiévreuses hallucinations que l’on aurait préféré garder sous scellé, tout en dévoilant les horreurs d’un quotidien pourtant si banal.

Il faudrait alors se pencher pendant de longs paragraphes sur la pertinence de chacune des courtes histoires que proposent ce recueil, mais cela dépasserait le stade d’une simple critique pour devenir une analyse bien trop méticuleuse et sûrement soporifique. Il faudrait pourtant un jour s’atteler à expliquer la beauté poétique qui émane d’Un rêve sans fin, de ces rêves qui semblent s’approcher d’une durée infinie. Il faudrait parler de la magnétique beauté fatale qu’est Tomie et de son attirance malsaine et lugubre pour les artistes qui tentent d’en peindre le portrait.

On pourrait s’étaler durant des heures sur Junji Itô et son génie, écrire des marées de lignes sur la qualité de ses histoires… Mais restons simples et attestons juste d’un fait évident : Les Chefs-d’œuvre de Junji Itô – Tome 1 est d’une qualité irréprochable et saura satisfaire vos envies d’histoires macabres, bien au-delà de vos espérances.

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