Valkyrie Apocalypse : L’Affaire Jack l’Éventreur

Si la série animée Valkyrie Apocalypse ne nous avait pas spécialement convaincus, les histoires annexes, publiées en France par Ki-oon, qui se penchent sur l’un ou l’autre des personnages du manga initial, se montrent bien plus intéressantes. Après avoir exploré le passé du guerrier chinois Lü Bu, c’est au tour du plus célèbre des meurtriers britanniques, Jack l’Éventreur, de voir son histoire réécrite dans un récit qui mêle ambiance londonienne, magie mystérieuse, assassins sadiques et sociétés secrètes.

La couleur des émotions

Londres, 1888. Une succession de meurtres sordides fait la une des journaux. Enhardi par les échecs de la police à l’attraper, le tueur envoie une lettre à l’agence de presse Central News pour revendiquer les meurtres, qu’il signe du nom de Jack l’Éventreur. Assis à la terrasse d’un café londonien, un mystérieux inconnu suit avec attention le journaliste Luka Evans, et pour cause : pour cet homme, les émotions sont des couleurs dont la vivacité dépend de l’intensité. Aux yeux de cet artiste incompris, la rage et la colère de Luka représentent un tableau des plus exquis ! Serait-il le fameux Jack qui fait la une des journaux ? Leur affrontement sera-t-il celui d’un assassin contre un autre ?

Tableau sanglant

Avec un trait vif, incisif, Kaita Iizuka peint un personnage de dandy meurtrier à la fois intrigant, touchant et légèrement effrayant. Véritable esthète de l’émotion, celui qui prendra le nom de Jack L’Éventreur se sert en réalité de sa capacité à voir les sentiments sous forme de couleurs pour repérer les intentions de ses adversaires. Il joue ainsi avec ses victimes pour peindre des tableaux éphémères – fait de peur, de colère ou de déni –, qu’il est le seul à voir. Si son pouvoir lui permet de détecter les meurtriers et de prédire leurs attaques, cela n’explique pas son incroyable talent pour le combat, sans doute le fruit d’un passé à peine esquissé dans ce premier tome.

Si l’on retrouve les affrontements dantesques et la générosité des techniques de combat de Valkyrie Apocalypse, l’histoire porte aussi un regard fascinant sur une humanité froide, cruelle et trop souvent égoïste. Au milieu de ce décor, le personnage principal, qui oppose son talent pour le meurtre à une candeur et une bienveillance étonnante envers les innocents, parvient à susciter une réelle curiosité. L’hémoglobine coule à flots et les transformations physiques, ainsi que les pouvoirs mystérieux, viennent teinter de fantastique un récit qui, malgré sa volonté affichée d’être une fiction, propose un cadre historique bien documenté. 

Ce spin-off resserré autour du personnage de Jack, aux enjeux plus personnels, mais tout aussi violents, convainc grâce à son protagoniste original et son cadre historique maîtrisé. Si l’on peut craindre que le récit se perde dans une escalade d’adversaires et de secrets toujours plus excessifs, pour l’instant, ce premier tome donne furieusement envie de découvrir la suite.

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