La Guerre du pavot : Une épopée aux couleurs de l’Asie médiévale

Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.


Avant d’écrire son roman le plus connu, Babel, R. F. Kuang se lance avec La Guerre du pavot, premier livre d’une trilogie de fantasy épique débuté en 2018 et publié par Harper Voyager. Ce premier volet sera-t-il assez séduisant pour que l’on s’engage dans le suivant ?

L’histoire

Dans une Asie médiévale, nous suivons Rin, une héroïne imparfaite, qui évolue sur fond de guerre pluriséculaire entre deux pays rivaux : l’empire Nikara et l’île de Mugen. R. F. Kuang s’inspire de la seconde guerre sino-japonaise où l’armée impériale japonaise envahit la partie orientale de la Chine et de la dynastie Song – famille chinoise au pouvoir entre 960 et 1272.

Rin est orpheline et grandit dans une famille peu joviale où le travail forcé et la malveillance sont les mots d’ordre. Guidée par son désir d’échapper à un destin terne et malheureux, nous allons la suivre dans son instruction et son entraînement pour faire partie de l’élite militaire de l’impératrice et ainsi passer de simple campagnarde à érudite de la capitale.

Un récit initiatique

Trop émotive, critiquable sur bien des points et anticonformiste, ce personnage est ce que l’on définirait comme une antihéroïne. Elle est plus qu’authentique et, c’est un choix narratif assumé par l’autrice, elle est humaine. La jeune femme doit faire face à des choix qui dicteront ses valeurs et ce pour quoi elle se bat, tout en les assumant drastiquement au fil de l’histoire. Mais ce qui la rend d’autant plus crédible, ce sont ses déambulations et délibérations mentales pour venir à bout d’un doute ou d’un choix. Elle est très honnête, même avec ses pensées les plus noires et parfois les plus méchantes. Cela nous met presque devant les mêmes doutes, pensées et questionnements qu’elle, nous invitant à nous remettre en question sur comment nous fonctionnons et quelles seraient nos valeurs dans le même contexte que celui qu’elle vit. Phénomène appuyé par ses compagnons d’aventure qui sont tout autant brisés et imparfaits que Rin, l’autrice nous entraîne dans un récit initiatique avec un questionnement en guise de fil rouge : jusqu’où nous emmène nos démons intérieurs et à quel point devons-nous les laisser faire ?

Le roman est découpé en 3 parties, qui deviennent à chaque fois plus crues dans la manière de nous dépeindre notre campagnarde et ses pérégrinations. Plus l’histoire avance et plus les différents personnages sont en lien avec leur part d’ombre, tandis que la guerre entre les deux pays évolue de la même façon : en s’empirant excessivement. Ici, l’environnement est à l’image de nos compères brisés.

La conclusion plaira aux amateurs de bouquet final retentissant où beaucoup d’évènements se succèdent. Trop peu approfondis selon moi, nous arrivons à la fin de l’intrigue avec un sentiment d’avoir couru un cent mètres au rythme d’Usain Bolt – mais sans préparation. La lectrice amatrice de suspens en moi fût quelque peu déçue et aurait aimé quelques pages en plus et actions en moins. Terminons tout de même en soulignant une vraie clôture de l’intrigue, qui garde une ouverture habile sur les deux prochains tomes. Démarche appréciée, trop souvent oubliée chez d’autres auteurs. 

Si vous cherchez un roman épique avec une antihéroïne attachante, La Guerre du pavot est votre prochain petit coup de cœur !

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