Martiens, Go Home! : invasion improbable des petits hommes verts

Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.

Sorti en 1955, Martiens, Go Home ! est un des premiers romans de Fredric Brown à avoir été publié en science-fiction. Véritable ovni littéraire, ce court roman fait partie des précurseurs humoristiques dans un genre qui se voulait, à l’époque, relativement sérieux. Il n’en reste pas moins un des meilleurs ouvrages dans ce domaine à ce jour.

L’histoire

Enfermé dans une cabane en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d’invention, invoque désespérément sa muse — de toute évidence retenue ailleurs —, quand soudain… on frappe à la porte. Un petit homme vert goguenard apostrophe Luke d’un désinvolte « Salut Toto ! ». Un milliard de martiens, hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d’une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité, viennent d’envahir la Terre. Mais comment s’en débarrasser ?

Bien avant Mars Attack et compagnie

Martiens, Go Home ! relate les événements d’une invasion extraterrestre sur la planète Terre, plus précisément celle des martiens dans une époque post Seconde Guerre mondiale, en plein essor de la guerre froide. Ces êtres ont une particularité étrange, ils sont visibles et audibles, mais intangibles. Ainsi, ils ne peuvent faire aucun mal physique aux humains, tout comme ceux-ci ne peuvent les toucher. Ils semblent pourtant avoir un grief contre l’humanité… ou pas, puisqu’ils disposent d’une arme puissante : un langage acerbe, qu’ils maîtrisent parfaitement, pour pousser l’être humain dans ses derniers retranchements, au bord de la folie.

Ce court roman est divisé en trois grandes parties, elles-mêmes séparées en courts, voire très courts, chapitres, à l’image des nouvelles de Fredric Brown. 

L’arrivée des martiens décrit le moment où ils sont apparus simultanément sur Terre, provoquant un désordre mondial dans une cacophonie d’insultes et de remarques désobligeantes à échelle planétaire. Dans cette partie, Fredric Brown passe d’un événement à un autre, n’hésitant pas à délaisser complètement son personnage principal pour décrire des scènes diverses et variées, avec pour seul dénominateur commun l’apparition d’un martien. Il parvient à désarçonner le lecteur par des situations rocambolesques et la découverte de ce que l’on imagine être la physiologie et la psychologie de l’extraterrestre.

Le séjour des martiens est la partie la plus construite du roman, elle explique comment les humains ont dû faire face à cette invasion des plus déconcertante et comment ils ont dû adapter leur mode de vie face à la persistance des petits hommes verts. Fredric Brown revient également plus en profondeur sur son personnage de Luke Devereaux et raconte enfin comment cet auteur de science-fiction à réussi à gérer cet évènement qui lui semble sortir tout droit de son imagination… ou pas.

Enfin, Le départ des martiens explique de façon inexplicable, mais logique, comment les martiens ont enfin quitté la planète Terre, grâce à quelqu’un, ou à quelque chose… ou pas.

À la demande de son éditeur, Fredric Brown conclut par un épilogue censé donner les réponses aux questions que se pose le lecteur après lecture du roman… enfin probablement.

Fredric Brown, maître reconnu de la micronouvelle signe, avec Martiens, Go Home !, un véritable cas d’école. La construction de son roman et son style percutant, incisif et décalé offrent au lecteur un texte atypique, mais inoubliable, dont l’humour fait toujours autant mouche soixante-dix ans plus tard.

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