Paru chez Lumen, Tenir une auberge magique est le nouveau roman de Sangu Mandanna, autrice britannique déjà remarquée pour ses récits sensibles et inclusifs. Cette fois, elle signe une romance feel-good sur fond de fantasy, où humour et bienveillance se mêlent à la magie et à des thématiques plus profondes comme l’identité, la différence ou encore la résilience. Tenir une Auberge magique est la suite de La Société très secrète des sorcières extraordinaires, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu ce premier tome pour s’imprégner du second.
« – Qui t’a dit ça ? (Il haussa les épaules.) Est-ce que ça te rend heureux, de porter cette armure ? – Oui. – Est-ce que ça cause du tort à qui que ce soit ? – Non – Dans ce cas, on s’en contrefiche de ce que pensent les autres ! »
L’histoire
Réservez une chambre dans ce cottage pas comme les autres et laissez la magie opérer… Sera Swan était autrefois l’une des plus jeunes et plus puissantes sorcières de sa génération… jusqu’au jour où tout a basculé. En ramenant sa grand-tante Jasmine d’entre les morts, elle a perdu la majeure partie de sa magie et a même été bannie de sa guilde. (Ça lui apprendra à suivre les conseils douteux d’une renarde à la langue bien pendue !) De sorte que, désormais, sa vie se résume à s’occuper d’une auberge magique capricieuse et de ses hôtes tous plus loufoques les uns que les autres.
Mais voilà qu’après quinze longues années, elle finit par mettre la main (en toute légalité… ou pas, et à l’insu de son ancienne guilde… ou pas) sur un sortilège capable de lui rendre enfin ses pouvoirs. Le hic (car il y en a toujours un) ? Il est écrit dans une langue que plus personne n’est capable de déchiffrer. Plus personne, sauf peut-être Luke Larsen, leur tout nouveau pensionnaire et ancien crush de Sera quand elle était ado…
La jeune femme a une deuxième chance de remettre sa vie – et sa magie – sur les rails. Comment pourrait-elle passer à côté ?
Une cosy fantasy magique au ton chaleureux
Avec Tenir une auberge magique, l’autrice propose un récit léger et plein d’humour, caractérisé par un style vivant où les parenthèses donnent une vraie voix au narrateur. On plonge dans le quotidien de Sera Swan, une ancienne sorcière prodige, désormais responsable d’une auberge pleine de pensionnaires excentriques : Nicholas, qui parade en armure entre l’auberge et la foire médiévale, Mathilda et son potager improbable, qui ne s’offusque pas de voir des artichauts pousser en hiver, un coq mort-vivant, une grand-mère qui prouve que même à son grand âge on peut encore en apprendre sur sa sexualité, une renarde qui fait tout pour redevenir humaine, quitte à malmener ses colocataires ou encore Luke, un sorcier historien qui comprend mieux les langues anciennes que ses contemporains. Ces personnages très différents sont l’une des grandes forces du roman. Leur diversité, ainsi que leurs arcs narratifs variés, permettent d’aborder avec douceur des thématiques fortes, comme l’autisme, l’identité, les classes sociales ou encore l’amour sous toutes ses formes.
L’ambiance qui se dégage de cette auberge magique est réconfortante, un cocon d’entraide, d’amour et de résilience, sans pour autant tomber dans les clichés habituels de la romantasy feel-good.
Un rythme légèrement déséquilibré
Si l’univers et les personnages sont convaincants, le rythme du roman laisse parfois à désirer. La première moitié se révèle assez lente, s’attardant sur la mise en place des lieux, des protagonistes et des relations. Puis, arrivé aux deux tiers, l’intrigue s’accélère brusquement à mesure que Sera découvre une piste pour retrouver ses pouvoirs, donnant l’impression que l’intrigue principale doit rapidement se terminer, car les secondaires ont été résolues.
En résumé, Tenir une auberge magique séduit par son style drôle et accessible pour tous les publics, ses personnages attachants et son ambiance à la fois loufoque et apaisante. Malgré une intrigue légèrement déséquilibrée, le roman dégage une énergie sincère et réconfortante prouvant qu’on peut parler de différence, d’amour et de résilience avec autant de légèreté que de profondeur.