Chez les Mille Mondes, on parle souvent de livres sérieux, d’histoires de famille tragiques, de fictions postapocalyptiques, d’amours impossibles ou d’aventures mortelles… Pourtant, n’allez pas croire que nous sommes incapables d’apprécier une belle tranche d’humour absurde ou quelques fables potaches si on nous en donne l’opportunité ! Voici donc l’occasion de (re)poser un peu notre cerveau avec la lecture du Lapin des Baskerville, une série de petites historiettes en bande dessinée joyeusement loufoques !
Fables trash
Prenez un renard un peu bête, un poussin obèse, un ornithorynque naïf, un duo de gastéropodes accro à la drogue, une famille de beloup (mi-belette, mi-loup) et un lapin persuadé d’être un monstre sanguinaire… Voilà un décor digne d’une version trash des fables de La Fontaine, où des péripéties aussi drôles qu’absurdes s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Ne cherchez pas de parallèles profonds avec notre propre société ou de réflexions alambiquées sur la condition humaine, nous sommes là pour nous amuser.

Toqués
Le Lapin des Baskerville est un album que l’on doit à Pierre Mortel, un artiste multifacettes, qui a travaillé aussi bien chez Ubisoft comme motion designer que réalisé des comics sur l’univers de Warhammer avec Nerverchosen, et Anaïs Dumas, graphiste également passée par la case Ubisoft, qui s’est chargée des dessins et des couleurs. L’album est découpé en strips d’une ou deux pages, qui mettent en scène ses différents protagonistes animaliers.

Plus qu’une version parodique du célèbre chien de Conan Doyle, Le Lapin des Baskerville croque avec humour la vie quotidienne de cette bande d’animaux un peu toqués. Son héros, un lapin blanc qui s’imagine être un monstre hantant la forêt et semant la terreur parmi ses habitants, est en fait une petite créature râleuse et colérique, qui ne supporte pas de ne pas être prise au sérieux. Il est entouré de toute une galerie de personnages aussi amusants qu’attachants, bien que tous passablement idiots !

Malgré ses dessins mignons comme tout, cet album n’est pas à mettre entre de très jeunes mains, puisqu’on y parle un langage châtié et qu’on y fait régulièrement mention de substances psychotropes. Les animaux y fument (des carottes), ont la gueule de bois et se menacent sans vergogne pour savoir qui sera le plus prédateur de tous les prédateurs ! Des gags et des péripéties en pagaille, répartis sur les 120 pages cruellement drôles.
| Le Lapin des Baskerville est un album plein d’humour, sans prises de tête, à retrouver dans l’excellente collection Pataquès, chez Delcourt. |