Paru chez Albin Michel Imaginaire, Le Sabre des neiges est le premier roman de Salomé Han, scénariste et réalisatrice née dans les Antilles françaises. Diplômée de la prestigieuse KoreanAcademy of Film Arts, elle vit à Séoul depuis dix ans. Avec ce texte inaugural, elle ouvre la trilogie des Sabres sacrés, une saga de fantasy nipponne mâtinée d’intrigues politiques, de manigances impériales et de duels mystiques, dans un Japon médiéval où les sabres parlent au nom des dieux. Le roman fourmille de termes japonais, d’illustrations, de combats épiques et de scènes empreintes de spiritualité, offrant au lecteur une immersion totale dans cet univers inspiré du Japon médiéval.
« Le sabre est vivant. Il est le prolongement de ta main, de ton souffle… Et même de ton cœur. Isao, le sabre, c’est toi. Tu dois te l’approprier comme une extension de toi même. »
Le Héron Blanc
L’histoire
On les appelle les porteurs de sabres sacrés et l’on raconte qu’ils servent la volonté des Kami. Ils ne sont pas immortels, mais vieillissent différemment, s’éloignant peu à peu de leur humanité. Maître Shiro, le Héron Blanc, est l’un d’eux. Il porte le sabre des neiges, une arme qui se nourrit du sang des victimes et confère une longévité exceptionnelle — un pouvoir convoité par l’empereur lui-même.
Isao, dix-neuf ans, est son unique disciple. Ils vivent ensemble au cœur d’une forêt sacrée, entièrement dévoués à la Voie du sabre. Mais lorsque Isao apprend que la tête de son maître est mise à prix et que leur ermitage secret est découvert, ils n’ont d’autre choix que de fuir.
Confronté à un monde brutal où les idéaux de la Voie n’ont guère de place, Isao s’efforce de dépasser ses limites pour gagner le respect — et peut-être l’amour — de son maître. Mais il ignore encore les dangers, les créatures et surtout les hommes qui se dresseront sur son chemin.
Une fantasy japonaise régie par les Kami.
Dans ce Japon fantastique, les lois sont régies par des doctrines sacrées, celles des Kami, esprits divins représentant les forces de la nature ou les ancêtres vénérés. Ces êtres supérieurs guident chaque Kenshi, formé à l’art du sabre et engagé sur la Voie, dans sa pratique et ses choix. Un Japon à la fois féodal et strictement codifié, où les porteurs de sabres sacrés influencent le destin du monde. L’histoire commence dans un lieu reculé, où Isao vit reclus avec son maître, porteur d’un sabre sacré : le sabre des neiges. Ces armes offrent une force prodigieuse à leurs porteurs. Ils se nourrissent du sang de leurs ennemis et leur confèrent une longévité exceptionnelle. Quand l’empereur cherche à rassembler tous les sabres légendaires, leurs détenteurs n’ont que deux choix : se soumettre… ou fuir.
Créatures magiques, pouvoirs stupéfiants et desseins mystiques : tous les ingrédients d’un excellent roman de fantasy sont réunis. L’équilibre entre mystère et action maintient l’intérêt tout au long du récit. Le Sabre des neiges est à la fois un roman introductif et un roman de confirmation, qui évite le piège de la fantasy initiatique classique, où un jeune héros découvre qu’il est « l’Élu ». Ici, pas de pouvoir inné ou de destin écrit. Isao tombe, doute, avance et se relève.
Une quête initiatique exigeante.
Durant cinq siècles de vie, Shiro a porté le sabre des neiges sans jamais prendre de disciple. Jusqu’au jour où il choisit Isao. L’apprentissage commence dans la sueur et le sang. La maîtrise de la Voie du sabre d’Isao n’en est qu’à ses balbutiements et il y consacre tout son être. Il voue à son maître un respect profond, teinté d’un amour ambigu — une relation fine et troublante. Tout bascule quand il apprend que son maître est recherché par l’empereur. Contraints de fuir, Shiro et Isao sont bientôt traqués par les envoyés de l’empire.
Mais c’est lorsqu’il est séparé de Shiro qu’Isao entame sa véritable initiation. Jeté dans un monde qu’il connaît mal, il doit se confronter à une réalité où les préceptes de la Voie semblent presque vains. Le roman suit son parcours sur une année, découpée en quatre saisons, comme un rite de passage. Combat, fuite, rencontres, révélations… Le sabre n’est plus une fin, mais un outil — une étape dans une quête identitaire plus vaste. L’émancipation d’Isao, entre désillusion et découverte, donne au roman une densité émotionnelle rare.
Le Sabre des neiges pose les fondations d’un univers vaste, politique et spirituel. Au fil des aventures d’Isao, les questions s’accumulent : qui sont réellement les Kami ? Quel est le vrai dessein de l’empereur ? Jusqu’où peut mener la convoitise des sabres ? À la dernière page, c’est la soif de réponses qui l’emporte. L’autrice a su ouvrir de nombreuses pistes sans tout révéler et l’on referme ce tome avec une hâte non contenue : vivement la suite !