Life of Chuck est un drame fantastique réalisé par Mike Flanagan, connu pour ses nombreuses adaptations des ouvrages de Stephen King (Doctor Sleep, Jessie) et pour son excellente série The Haunting of Hill House. Ce film ne fait pas exception en adaptant la nouvelle The Life of Chuck provenant du recueil If It Bleeds (2020) de Stephen King. Mais si on était habitué à l’épouvante dans ses œuvres, Life of Chuck propose d’autres thèmes, plus introspectifs, entre fantastique, mélancolie et spiritualité.
Attention, cet article contient des spoilers et des explications du film.
Le Synopsis
Le film raconte la vie de Chuck à rebours, en trois actes, depuis sa mort jusqu’à son enfance, à travers des fragments de souvenirs, d’expériences et de moments clés, notamment à ses 7, 11, 17 et 39 ans.
Un scénario intelligent et plus que solide…
Avec Life of Chuck, Mike Flanagan livre une œuvre plus introspective, émotive et métaphysique. Le film adopte une structure en trois actes en partant de la dernière année de vie de Chuck pour remonter à son enfance. Ici, l’apocalypse apparente du troisième acte (ou première partie du film) est une métaphore du déclin personnel dû au cancer généralisé du personnage principal, où tous ses souvenirs se mélangent, ses rencontres au fil de sa vie revenant à la surface de sa mémoire, jusqu’à s’éteindre lorsque la mort l’atteint. Les deux actes qui suivent permettront au spectateur de comprendre d’où venaient chaque personnage et chaque parole prononcée dans ce troisième acte.
On pourrait croire, dans un premier temps, à un film éclaté et énigmatique, mais il est en réalité profondément cohérent, ses pièces se mettant doucement en place dans l’esprit du spectateur, parfois même après coup. L’intelligence scénaristique se niche dans ces résonances entre les actes, dans les non-dits, dans ces scènes suspendues (comme les danses marquantes, jamais gratuites), qui rappellent que la vie n’est faite que de souvenirs, de hasards et de liens invisibles. Un film humain, sensible et pudique, mais exigeant.
Le seul point noir, car il en faut bien un, est l’introduction de l’élément fantastique, dévoilé lors de la dernière scène du film. Cet élément aurait pu ne pas exister, le film n’aurait pas changé d’un iota.
… qui cache de nombreuses autres qualités
Si ce scénario peut être apprécié à sa juste valeur, c’est surtout grâce aux performances des acteurs : Tom Hiddleston est toujours très juste et les enfants sont impressionnants. Mais tout cela ne fait pas pour autant de Life of Chuck un film facile. Il est possible de passer à côté de ses subtilités, ou de rester hermétique à sa narration éclatée. Pourtant, pour peu qu’on accepte de se laisser porter, le film révèle un puzzle émotionnel universel, capable de susciter plusieurs interprétations et même de gagner en richesse lors d’un second visionnage.
En ce qui concerne la photographie, il n’y a rien à dire non plus. La bande-son est importante et très plaisante, on se souvient notamment de la première scène dansée, avec la joueuse de batterie. Ces scènes de danse reviendront de temps en temps, sans pour autant transformer le film en comédie musicale.
| En résumé, Life of Chuck est un film singulier, poétique et audacieux, loin des narrations classiques, dont la beauté se révèle dans les détails. Sa subtilité pourrait ne pas toucher tous les spectateurs, mais bouleversera ceux qui y seront sensibles. |