Une fois n’est pas coutume, voilà un album qui n’est ni de la fantasy, ni du fantastique, ni de la science-fiction, mais un polar digne d’Agatha Christie dans la plus pure veine du « whodunit », avec un cadre original : un phare en pleine mer.
Polar
Sur l’île de Sein, en Bretagne, le phare d’Ar-Men est connu pour avoir déjà été le théâtre d’événements tragiques. Quel meilleur cadre pour le prochain roman du célèbre Brieg Mahé ? Cet auteur à succès décide, pour renforcer son immersion créative, d’inviter cinq spécialistes du polar à loger avec lui trois jours et trois nuits dans ce phare balayé par les vagues, afin d’écrire le manuscrit du huis clos parfait. Mais dès la première journée, la fiction rejoint la réalité… Y aura-t-il un survivant à la macabre expérience littéraire de Mahé ?

En pleine mer
Sang de Sein propose un polar dans la tradition du genre, avec un épilogue qui boucle son prologue, des personnages qui s’accusent sans cesse les uns les autres et un mobile impossible à cerner avant la toute fin. Ce point gênera peut-être les amateurs de roman à énigmes, puisqu’ici, à la manière d’un Joël Dicker, il est impossible de deviner l’identité du coupable sur la base d’indices qui auraient été disséminés dans le récit. La bande dessinée joue donc plus sur la surprise que sur la réflexion.

Si l’enquête est un peu trop courte (sa mise en place occupe les deux tiers de l’album), les personnages, tous très caractéristiques (le cynique, le rationnel, l’obsessionnel…), sont plutôt intéressants. L’ambiance maritime fonctionne à merveille, en ajoutant un petit frisson dû à l’isolement des protagonistes et à la tempête qui agite la mer autour de l’île de Sein. En bonus, une interview de l’auteur fictif Brieg Mahé, permet à Patrick Weber et Nicoby de parler de leurs inspirations et de l’histoire du véritable phare d’Ar-Men.

| Avec cette réédition poche de Sang de Sein, les éditions Glénat livrent un huis clos prenant, solidement ancré dans les codes du polar. Si l’enquête privilégie le suspense à la déduction, le cadre singulier du phare d’Ar-Men, les personnages bien campés et l’atmosphère oppressante compensent cette orientation narrative. Un clin d’œil assumé aux maîtres du genre, pour un récit qui séduira les amateurs de mystères maritimes et de rebondissements inattendus. |