Le manga Berserk est (enfin) de retour dans une édition Prestige tant attendue !

Berserk, la référence absolue du manga de dark fantasy, revient enfin en France dans un écrin à sa juste valeur : une édition prestige grand format, avec couverture cartonnée et jaspage rouge brillant. Une édition qui était attendue depuis de nombreuses années et qui magnifie enfin le joyau qu’est ce manga, à un prix abordable !

  1. Le phénomène Berserk
  2. Que vaut le tome 1 ?

Le phénomène Berserk

Commencé en 1989, le manga Berserk, dont la parution avait été interrompue après le décès de son auteur en 2021, a repris en juin 2022 avec aux manettes le studio Gaga, composé d’anciens assistants du maître Miura. Récit de dark fantasy complexe, mature et dessiné d’une main de maître, Berserk est le diamant noir de Kentaro Miura, dont il a minutieusement poli chacune des faces avec une perfection maladive. En créant doucement, mais sûrement, un lore dense dont il façonne les moindres angles avec un niveau de détail démentiel, il dépeint avec soin un monde moyenâgeux en proie au retour de forces surnaturelles dans un univers qui en était dépourvu. Mais, comme toute pièce dont on souhaite peaufiner l’aspect jusqu’à embrasser la perfection, cela ne se fait pas sans un tribut. Entre autres, celui du temps qui passe et de l’énergie phénoménale déployée par Miura pour toujours améliorer la qualité de ses dessins, au point de lui avoir coûté la santé et la vie.

Berserk, comme toute œuvre absolue d’une vie, se déploie avec une torpeur qui pourrait surprendre le lecteur, puisque, après seulement quelques volumes de mise en place du contexte, le manga opère un imposant flashback de plusieurs tomes. Il explore ainsi les origines du personnage principal, Guts, chef de la troupe de choc du Faucon, jusqu’à sa plongée dans des folies abyssales durant l’Éclipse, événement clé du manga. Si les débuts sont déjà de bonne facture visuelle, les relire après avoir découvert la quarantaine de volumes composant l’intégralité de l’œuvre nous ferait presque souffler du nez, tant l’écart est grand. 

En effet, l’identité visuelle du manga, puisant dans l’œuvre de Gustave Doré, Hieronymus Bosch ou encore Giovanni Battista Piranesi, ne s’esquisse réellement qu’aux alentours du tome 10, pour ensuite devenir un véritable déluge de doubles pages dont la composition sous forme de tableaux nous donne le vertige. Via une mise en scène librement inspirée de celle de Doré, où une simple case suffit à être plus éloquente et condensée qu’un tome entier, nous sommes mis face aux problèmes et aux tourments d’un Guts lié, malgré lui, à la douleur et à l’enfer. 

C’est d’ailleurs l’autre grand point fort du manga que de proposer une écriture sophistiquée, ne tombant jamais dans la facilité de personnages stéréotypés, pour plutôt tisser une vaste toile narrative explorant les thématiques de la religion, de la vie et de la mort, de l’ambition, des rêves, de l’amour et de la guerre. La relation entre Guts et Griffith est aussi complexe que tragique : d’abord fondée sur une camaraderie réciproque, la trahison de Griffith crée un fossé que rien ne peut combler et une haine viscérale que Guts lui vouera jusqu’au bout, dans sa quête de liberté individuelle face à des ambitions divines aux proportions titanesques.

Que vaut le tome 1 ?

Dès ses débuts, Berserk dévoile un monde de violence où la religion inquisitrice appose autant sa marque que celle présente dans la nuque de Guts. Il est intrigant de voir comment la représentation de ce dernier et son caractère évoluent vite : d’abord présenté comme un guerrier musclé, violent et acide envers celles et ceux qui désirent l’aider, il s’étoffe vite au travers d’éléments qui posent les jalons de toute l’histoire du manga. Les God Hand, la marque, l’étrange fœtus que voit Guts dans ses rêves, sa puissance démesurée, sa quête mystérieuse… Tout était presque là ! 

La découpe de l’action, dynamique et détaillée, montre déjà les mécaniques du processus Miura, notamment avec des doubles planches chargées d’une puissance épique incroyable ou dévoilant des créatures au design cauchemardesque (Koca). Pas de doute, la recette Berserk est là et il ne suffira que de quelques tomes pour la voir atteindre son summum. Comme le dit si bien l’elfe Puck qui accompagne notre héros tout au long de l’aventure, à la fin du premier chapitre : « Un Berserk…« 

Toujours en cours de parution, Berserk reste à ce jour l’un des plus grand manga de dark fantasy conçu, de par sa richesse thématique comme son graphisme élaboré à l’extrême. C’est avec plaisir que l’on accueille cette édition prestige dans nos contrées, tant le travail éditorial est soigné et à la hauteur de l’œuvre.

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