Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.
Fredric Brown fait partie des auteurs ayant participé à l’essor de l’âge d’or de la science-fiction et il est aujourd’hui, pourtant, quelque peu tombé dans l’oubli. Rarement cité lorsque l’on parle de cette période, on lui préfère des auteurs tels que Arthur C. Clarke, Isaac Asimov ou Edmond Hamilton. Il a pourtant apporté une vision toute personnelle de la science-fiction. Décalés et humoristiques, ses textes ont sûrement servi d’avant-garde à des auteurs tels que Douglas Adams, le père du célèbre Guide du voyageur galactique.
Le résumé
Un homme à la recherche d’une actrice prisonnière des Abominables Hommes des neiges ; un dictateur âgé de vingt-trois ans et sans doute contaminé par une intelligence extraterrestre ; un âne qui sauve l’humanité d’une invasion martienne…
Tantôt cocasses, tantôt tragiques, et bien souvent horribles, les quarante-deux textes de ce recueil nous emmènent au-delà de l’apparence, sur les pentes glissantes de la terreur et de l’humour, au carrefour des étoiles.
De la nouvelle à la micro nouvelle
Quarante-deux, c’est le nombre de nouvelles qui figurent dans Fantômes et farfafouilles, un chiffre pas si anodin que ça, lorsque l’on connaît la dimension qu’il a prise dans la science-fiction, grâce, justement, à Douglas Adams.
Il est impossible de parler d’une nouvelle en particulier sans en divulguer l’intrigue ou en gâcher la fin. Faire tenir autant de récits dans un recueil de seulement 300 pages est un véritable tour de force, la plus courte faisant seulement une demi-page. Il serait légitime de se demander s’il est possible d’apprécier un texte et de lui trouver des qualités lorsqu’il est aussi réduit, c’est pourtant le cas de ceux de Fredric Brown. S’il était connu comme un excellent écrivain et nouvelliste, l’auteur était surtout considéré par ses pairs comme un maître de la micronouvelle.
Fantômes et farfafouille fait partie de ces expériences singulières que l’on peut vivre au cours de notre vie de lecteur et qui prouve qu’il est possible de s’immerger dans une histoire en seulement quelques lignes. Pour captiver le lecteur aussi rapidement, Fredric Brown joue principalement avec les tropes de la science-fiction.
Ainsi, on identifie très rapidement le récit pulp, celui de hard science, de sense of wonder ou encore, celui qui navigue entre les frontières de l’horreur et du fantastique. Ce qui fait surtout le succès de ces courtes histoires, c’est le moment qui nous mène à sa chute. Comique ou tragique, parfois même les deux, il s’avère qu’elle est soit complètement téléphoné ou, à contrario, à des lumières de ce à quoi l’on s’attend. Mais, quoi qu’il arrive, elle nous explose toujours à la figure de manière étonnante ! Le talent de Fredric Brown pour mettre fin à ses histoires est assurément la raison de son succès.
Après la lecture de cette édition publiée chez Folio SF et les quelques bribes trouvées d’anciennes éditions, il aurait été intéressant de faire un comparatif de traduction des textes, le sens des mots étant important, surtout pour des textes aussi courts. Bien que très bonne, la traduction révisée par Thomas Day s’avère plus légère sur certains aspects, notamment dans la tournure des phrases qui sont parfois expliquées par le traducteur en bas de page.
| Si vous êtes amateur de science-fiction, Fredric Brown est un auteur incontournable dont il faut découvrir le travail, d’autant plus car peu de ses textes sont disponibles en France. Ce recueil de nouvelles, semblable à un Astounding Stories d’époque, est une parfaite introduction à cet écrivain. N’hésitez pas non plus à pousser plus loin, avec Martien Go Home ou L’Univers en folie, qui sont encore tous deux disponibles en format poche. |