Aucha et Maxime Belloche proposent un récit médiéval touchant dans Le Temps des pivoines, une histoire sur la résilience, la justice, la liberté et l’amour, dans une France du XIIIe siècle très loin des clichés sur le Moyen Âge.

L’histoire
Jean, Margot et leur fille Grâce mènent une vie paisible où les journées varient entre culture des champs et travail au moulin. Lorsque le seigneur de la région, Rolant, décide d’affronter l’un de ses rivaux pour s’approprier ses terres, Jean est enrôlé de force dans l’armée avec tous les autres hommes du village. Si le meunier survit à la bataille, il retrouve son hameau dévasté à son retour : profitant de l’absence des hommes, des pillards venus du nord ont dépouillé de leurs biens puis massacré les habitants. Effondré face à ce qu’il découvre chez lui, Jean perd le goût de vivre et devient à peine plus que l’ombre de lui-même. Tout change lorsqu’il recueille un nourrisson abandonné. Une petite fille qu’il appellera Pivoine et qui va redonner du sens à son existence.

Un récit beau et sensible
Si Aucha a déjà scénarisé la bande dessinée jeunesse Les Mondes perdus, chez Dupuis, Le Temps des pivoines est le tout premier album de Maxime Belloche, qui montre déjà un style affirmé et un talent particulier pour les couleurs. Ternies lors des scènes les plus difficiles, nimbées de lumière ocre ou orangée pour symboliser le soleil levant et couchant, et permettant des ambiances nocturnes très bien rendues, les couleurs racontent ici une histoire à part entière. Maxime Belloche parvient également avec brio à représenter toute l’horreur de la scène macabre que découvre Jean en rentrant chez lui sans jamais montrer d’images crues, mais en usant plutôt d’habiles contrechamps, de symboles et de l’expressivité des visages qu’il dessine.

L’artiste sublime un scénario extrêmement touchant, qui nous entraîne dans une campagne moyenâgeuse loin des clichés propagés par le cinéma et la littérature : les gens sont propres, les vêtements colorés, la vie n’y est pas du tout misérable. C’est notamment dû aux recherches menées par la scénariste et expliquées en fin d’ouvrage. Le récit est tantôt bienveillant, tantôt cruel avec ses personnages, mais toujours très authentique, grâce à la grande justesse des sentiments qu’il exprime. Son message de résilience, de reconstruction et d’espoir sonne vrai et l’on s’attache autant que son héros à l’adorable Pivoine.

L’amour sincère que Jean porte à sa jeune protégée nous rappelle également qu’une famille peut se construire en dehors des liens du sang. Et puis, Le Temps des pivoines, c’est aussi la force et l’entraide d’une communauté solidaire, capable de s’unir pour surmonter les pires épreuves. En cela, les personnages secondaires sont eux aussi très attachants et la dureté avec laquelle ils sont traités par le perfide Rolant n’en est que plus cruelle, car un ego meurtri est parfois plus dangereux qu’une lame… Pour autant, malgré la brutalité de certaines scènes, l’album est avant tout un récit lumineux et empli d’espoir.

| Cette collaboration réussie offre un récit à la fois beau et très humain, plongé dans une ambiance historique crédible et intense. Cent soixante pages parfaitement rythmées entre action, drame et sentiments, qui savent toucher avec talent la sensibilité de leurs lecteurs et lectrices. |
Album reçu dans le cadre d’un service presse.