Tower Dungeon : la fin de Tsutomu Nihei ?

Tsutomu Nihei, grand mangaka de la scène cyberpunk qui avait retourné plus d’un cerveau avec son manga Blame!, revient aujourd’hui avec Tower Dungeon, un titre de fantasy qui démarre bien poussivement, laissant dubitatif quant aux capacités du mangaka à renouveler ses schémas narratifs, son univers et son dessin. 

L’histoire

Un nécromancien maléfique a tué le roi et emporté la princesse dans la titanesque « tour des dragons » ! La garde royale se lance à son secours, mais est mise en déroute par les redoutables monstres qui infestent le bâtiment. Les habitants des villages alentour sont alors mobilisés. L’un d’eux est un jeune homme à la force prodigieuse : Yuva, le héros de cette histoire.

Le retour de Nihei… ou pas.

Dès Knight of Sidonia, il était clair qu’un cap avait été franchi par le maître de la dark SF qu’est Nihei. D’ordinaire habitué à nous pondre des récits cryptiques au trait charbonneux, voilà que la lumière s’invitait dans son style et que ses personnages devenaient plus étoffés narrativement parlant. Mais si, au moins, dans KoS, le dessin restait d’une qualité exemplaire et que le récit était traversé de fulgurances scénaristiques bien senties, l’auteur a depuis franchi un nouveau gouffre avec Tower Dungeon, alors que ses deux précédentes créations, Kaina of the Great Snow Sea et Aposimz redonnaient espoir. 

Cette fois, son trait n’est plus simplement lumineux : il devient brouillon et difficilement lisible, voire, franchement laid par moments. Les visages n’expriment rien et les décors, certes fidèles à l’esprit Nihei, perdent en densité et en majesté. Côté histoire, c’est encore trop confus pour donner un avis complet, mais l’entrée en matière est typiquement Niheisque avec son lot de questions sans réponses, au sein d’un univers mêlant fantasy et créatures organiques dignes d’une partie de Dark Souls, ou de l’esprit tourmenté de H. R. Giger.

Tower Dungeon garde une aura de mystère qui mérite de lui laisser sa chance, bien que ce premier volume, maigre de 140 pages, ne nous donne pour l’heure pas grand-chose à se mettre sous la dent. On espère beaucoup de la suite, mais pour l’heure, ça n’est pas le Nihei d’autrefois.

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