Circé, la magicienne sublimée par Madeline Miller

Après avoir brillamment réécrit l’Iliade dans Le Chant d’Achille, Madeline Miller s’est emparée de l’Odyssée à travers une autre figure mythologique : la magicienne Circé. Chronique d’un roman coup de cœur.

Fille d’Hélios, amante d’Hermès, de Dédale et d’Ulysse ou encore tante d’Ariane, du Minotaure et de Médée, l’immortelle Circé multiplie les facettes. Mais elle est avant tout cette déesse solitaire bannie sur une île déserte, qui élève des animaux et fabrique des potions pour occuper ses journées, tout en se languissant de recevoir des nouvelles du monde. Elle n’utilise pas toujours ses pouvoirs à bon escient, mais elle apprend de ses erreurs et ferait tout pour protéger ceux qu’elle aime. À commencer par les humains, qui l’émeuvent comme ils ont ému le Titan Prométhée.

Madeline Miller écrit divinement bien (c’est le cas de le dire). Sa plume poétique nous embarque immédiatement dans l’Antiquité, on sent que chaque mot a été pesé, que chaque image a été réfléchie.

Pourtant, la lecture n’a rien de lourd, au contraire : l’autrice vulgarise la mythologie grecque avec juste ce qu’il faut d’anecdotes, de telle façon qu’elle attise notre curiosité et nous pousse à arpenter Wikipédia pendant des heures pour en savoir plus. Comme dans Le Chant d’Achille, on adhère à chacun de ses choix d’avoir gardé telle ou telle version des mythes, voire imaginé la rencontre entre Circé et d’autres personnages pour servir son intrigue. Amoureux de mythologie grecque, vous y trouverez votre compte et, même si le sujet ne vous passionne pas, vous ne resterez pas insensibles à l’histoire de Circé.

À la croisée de l’Odyssée d’Homère et de La Vie invisible d’Addie Larue de V. E. Schwab, Circé est le récit d’une femme puissante qui traverse les siècles et nous touche en plein cœur.

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