L’Âge de la fureur, tome 1 : Une marée d’acier noir, la nouvelle saga innovante d’Anthony Ryan

Anthony Ryan, célèbre auteur du catalogue de Bragelonne, revient avec une saga prometteuse : L’Âge de la fureur. Son premier tome, Une marée d’acier noir, ouvre avec brio ce nouvel univers de fantasy.

« Un vétéran aurait jeté un coup d’œil à la broche de Vellihr ornant la cuirasse en cuir et aurait rengainé son arme avant de disparaître dans la nuit. Mais les jeunes guerriers sont impatients de prouver leur valeur, surtout quand on leur a accordé l’honneur de garder la halle du Veilwald. Alros, malgré l’autorité de la voix et la broche épinglée sur la cuirasse, le jeune homme choisit le devoir envers le clan et l’occasion de se couvrir de gloire plutôt que la sagesse.
Thera frappa avant qu’il ait le temps de faire glisser son épée d’un centimètre de plus. »

De la fantasy classique

Les îles intérieures et extérieures forment le royaume d’Ascarlia, il est gouverné par les trois Reines Sœurs, à la fois sages, autoritaires et pragmatiques. Une paix relative et durable est maintenue entre les différents Geld, de petits États formant le royaume, mais des signes s’accumulent, présageant une tempête redoutable.

Ce premier tome d’une saga que l’on souhaite longue, épique et pleine de mystères, nous plonge dans un univers de fantasy passionnant, imprégné d’autres genres littéraires. S’inspirant d’un Haut Moyen Âge au sens large, on retrouve de nombreuses caractéristiques qui renvoient aux Scandinaves, comme les drakkars, un panthéon ressemblant fort à celui dirigé par Odin, ainsi que les techniques de combat, dont le fameux mur de bouclier.

Un roman choral réussi

Nous suivons différents personnages entraînés malgré eux dans des aventures qu’ils auraient préféré éviter. Rhulin, jeune pêcheur sur une petite île tranquille, voit toutes les personnes qu’il a connues se faire massacrer avant qu’il soit capturé et emmené comme esclave. Thera, Vellihr chargée d’appliquer la loi des Reines, découvre le retour d’une secte meurtrière. Felnir, espion et capitaine d’un navire de guerre, est envoyé dans une série de missions énigmatiques. Enfin Elvire, jeune érudite dont la mère est responsable de l’une des plus grandes bibliothèques du royaume, emprisonnée pour hérésie puis exploitée pour découvrir les secrets des différentes religions.

Ce petit avant-goût des trajectoires des différents personnages semble certainement abscons, Anthony Ryan arrive cependant à nous tenir en haleine en jouant avec différents genres littéraires. Si le fond est résolument de la fantasy épique, on retrouve les énigmes et les mystères d’un roman d’aventure. L’importance des dialectes, bien qu’ils soient assez peu matérialisés, donnent une dimension linguistique passionnante. Les intrigues politiques, quant à elles, restent au second plan. Elles dépassent les personnages et ils en sont tout à fait conscients.

Une construction riche et diversifiée

La magie, comme dans la fantasy héritée de Gemmel, reste discrète, un mystère pour les personnages, qui s’en accommodent, et une source agréable de rebondissements au cours de l’histoire. Elle est intimement liée aux religions d’Ascarlia : les Altvars, un panthéon comme en ont connu les peuples antiques, est concurrencé par l’Alliance des Martyrs, une religion se voulant plus pragmatique et moins liée à des légendes racontant les exploits des dieux et des demi-dieux. Cette dernière étant un culte venu de l’étranger, elle est considérée comme une hérésie par les Reines Sœurs et ses fidèles sont traqués, exilés ou tués.

C’est un monde dur et froid, teinté de complots, de groupuscules mystérieux et de questionnements religieux, auquel nous avons à faire. Le cadre dans lequel les personnages évoluent est sublimé par leurs intérêts simples et primaires. Ils sont cernés par le danger, mais restent centrés sur leurs objectifs, sans se détourner de leurs valeurs profondes. Il n’y a dans cet ouvrage ni héros ou héroïnes ni êtres maléfiques. Le destin ne semble pas non plus être en jeu, c’est un développement organique, très agréable à suivre, teinté de machinations et de luttes personnelles.

On reste pour autant dans la fantasy épique la plus efficace qui soit, donnant lieux à des affrontements violents et à des scènes de batailles maîtrisées. Nous sommes loin des armées gigantesques de Légende, mais l’accent étant mis sur le voyage et l’exploration, les affrontements en drakkars et les combats terrestres sont très bien rythmés. La suite présage de nouvelles batailles, plus grandes et plus impressionnantes encore.

L’un des gros points forts de ce récit est de nous accrocher avec des thématiques comme l’évasion, l’exploration et le voyage, au travers d’une fresque étant avant tout une saga de fantasy. Ce premier tome conclut les intrigues qu’il avance, mais nous laisse entrevoir de nouveaux mystères que nous avons hâte de découvrir !

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