Gannibal : le manga thriller horrifique de référence !

Pour son premier fait d’armes, le mangaka Masaaki Ninomiya frappe très fort avec Gannibal, un thriller horrifique à mi-chemin entre la folie cannibale de La Colline a des yeux et l’inquiétant folklore du  petit village de montagne reclus dans The Strangers.

L’histoire

L’intrigue prend place à Kuge, un paisible village montagneux où vient d’être transféré le policier Daigo Agawa, en remplacement de son collègue Kano, mystérieusement disparu… Mais alors que Daigo commence à prendre ses marques, des éléments troublants sur la mort de la matriarche du village mettent en lumière des pratiques folkloriques étranges, voire même cannibales… un climat anxiogène s’installe à mesure que son enquête progresse et Daigo devra se préparer à payer le prix de la vérité, aussi abominable soit-elle.

La Colline a des Yeux, en plus glauque !

Face à une proposition aussi convenue de récit horrifique, mainte et mainte fois repris au cinéma, Gannibal pourrait rapidement verser dans la violence gratuite et le gore à outrance, mais il n’en est rien. Préférant  installer une ambiance anxiogène où les faux-semblants sont légion et où les habitants cachent tous leur jeu, le lecteur en vient même à se demander si ce n’est pas Daigo qui perd simplement la tête.

Le choix graphique de Ninomiya use d’un procédé intéressant, qu’on retrouve chez le mangaka Inio Asano (Bonne Nuit Punpun, DDDDD) : l’usage de photographies retravaillées et volontairement détériorées pour les paysages, sur lequel l’artiste vient ajouter ses dessins. Si ses personnages  possèdent des faciès taillés au burin, les jeunes enfants auront davantage des traits similaires au travail réaliste de Asano, donnant lieu à des moments de confusion et de changement de tons déroutants quand ces deux types de personnages se rencontrent. Un déluge de traits rapide dans les moments sous haute tension rappelle symboliquement la chape de plomb qui se pose sur les épaules de notre cher policier, tandis qu’il essaie de protéger sa femme et sa fille d’une menace omniprésente. 

L’ensemble confère un effet de found-footage crasseux  (on pense inévitablement à Blair Witch pour certains passages en forêt), qui marche parfaitement avec le ton du récit, d’autant que l’auteur réalise aussi des mises en page très cinématographiques. On notera ainsi l’usage de flou d’arrière-plan pour donner un effet de changement de focale, ainsi que des angles de vue singuliers, propres au langage cinématographique.

Avec son rythme intense, ses personnages aux faciès marquants et ses multiples secrets, Gannibal n’a pas fini de vous retourner la tête… et l’estomac ! La saga est éditée chez Meian, en treize volumes.

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