Secret Level : des classiques sous leur meilleur jour !

En décembre, Amazon nous a offert un bijou que certaines et certains, comme moi, attendaient depuis longtemps ! Le studio Blur, remarqué dans les saisons de Love, Death & Robots sur Netflix, a relevé un nouveau défi, cette fois-ci pour le service de VOD concurrent. Il a été mandaté pour réaliser une série de courts métrages tirés d’univers de jeux vidéo et de pop culture. Il s’agit là de raconter des histoires, de faire revivre ou de repenser des événements marquants de ces différents titres vidéoludiques. Amazon n’a pas eu de retenue sur le budget au vu du casting cinq étoiles et de la très grande qualité de l’animation. 

Qui sont les heureux élus ?

Donjons et Dragons

On commence par l’indétrônable Donjons et Dragons. Belle entrée en matière, écartant les clichés malheureux et se concentrant sur une quête : libérer un garçon maudit de son maléfice. Le format court impose à l’histoire de se faire par raccourcis et suggestions, cela laisse néanmoins de la place au lore de l’univers et à des scènes d’action à couper le souffle.

Magicienne gnome, druide orc et nain pugiliste, ainsi qu’une paladin humaine, affrontent des morts-vivants et des mages de glaces. Une explosion d’effets spéciaux, de plans particulièrement lisibles malgré leur richesse, pour finalement réussir, en moins de quinze minutes, à nous plonger profondément dans cet univers !

Sifu

Sifu, l’histoire d’une vengeance et d’un homme qui vieillissait au lieu de mourir. Ce jeu d’action beat’em all (jeu vidéo dans lequel le joueur doit traverser des niveaux en affrontant de nombreux ennemis, à main nue ou avec des armes, qui se terminent par un combat de boss) a fait sensation à sa sortie en 2022. Cette adaptation d’une grande qualité mélange habilement poésie, tragédie et violence. La fin vous laissera peut-être avec les yeux humides !

New World

New World, MMORPG (Massive Multiplayer Online Role Play Game) sorti en 2021 par les studios d’Amazon, propose un univers mélangeant fantasy et fin du Moyen Âge (gunpowder fantasy). Cette grande époque d’explorations et de découvertes est efficacement tournée en dérision dans ce court-métrage. La quête de pouvoir et sa futilité sont démontrées avec brio, dans un film où l’on y trouve un humour gore et grinçant à la fois, utilisant efficacement la mécanique de résurrection propre aux jeux-vidéo.

Unreal Tournament

Unreal Tournament : Xan, en quelques mots, c’est peut-être le Gladiator 2 que nous méritions. Mélange de combats d’arène et de soulèvement des machines, ce film trouve le temps de glisser des détails sur l’univers du jeu. Entre esthétique de S.-F. industrielle et minimaliste, créatures aliens et armes emblématiques, le fan-service est au rendez-vous. L’histoire souffre certainement de la forme réduite imposée par le format, car elle sonne comme l’introduction à un très bon film de science-fiction !

Warhammer 40.000

Celui que j’attendais le plus, Warhammer 40.000 : Ils ne connaîtront pas la peur, ou l’avant-goût de ce que nous réservent Henri Cavill et son équipe ! Bien entendu, ce ne sont pas les mêmes groupes qui travaillent sur les deux productions, mais cela nous donne quelque chose à grignoter en attendant. Et quel amuse-bouche mes aïeuls ! De la surpuissance des Space Marines à l’horreur de la guerre, sans oublier la corruption immonde du Chaos, ce court-métrage nous fait passer par l’un des conflits centraux dans l’univers de Warhammer 40.000. Le sang, la violence sans borne, tout est là pour présenter comme il se doit les fondements de ce cet univers aussi riche que noir ! Pour les fans, le simple nom de Titus devrait vous suffire.

Pac Man

Le plus étrange, le plus inattendu et certainement le plus dérangeant de tous, Pac-Man : Cycle. On suit un personnage humanoïde perdu dans un monde étrange et hostile. Pour l’aider, une boule dorée volante lui prodigue des conseils et lui donne une épée pour se défendre. Le personnage chasse et avance en se nourrissant des monstres qui essaient de l’attaquer. Jusqu’ici, pas grand rapport avec le jeu, pourtant, je vous assure qu’à la fin, la tranche de citron et ses fantômes vous apparaîtront bien différents !

Crossfire

Retour à un classique des FPS (First Person Shooter / Jeu de tir à la première personne), Crossfire met en scène deux groupes de mercenaires dans une ville désertée et lessivée par une pluie diluvienne. Une escouade escorte un homme et sa mallette, l’autre se prépare à les intercepter. Ce scénario simpliste et d’une grande efficacité est idéal pour mettre en scène les affrontements dignes des jeux du genre. Fusillades, courses poursuites et tactiques de commandos, tout est là !

Armored Core

Indémodables et particulièrement jouissifs, les mécha japonais font toujours leur effet ! Armored Core nous propose un grand spectacle, que Keanu Reevs vient sublimer. On suit le dernier pilote de son espèce, un humain chirurgicalement optimisé pour le pilotage de mecha. La relique d’un passé sanglant et glorieux. Il est prêt à tout pour défendre la ville sordide où il vit, simplement pour le plaisir de combattre dans son exo-armure géante et gagner de quoi se noyer dans l’alcool. Quand une attaque d’autres mechas lui offre une nouvelle opportunité de prendre les armes, il fonce tête baissée.  Il a inondé son sang et son cerveau pour la faire taire, mais pourtant elle est toujours là, la voix dans sa tête, celle qui l’assiste durant les combats. Il est le meilleur et le dernier des pilotes augmentés, mais cette fois il pourrait bien y rester.

Explosions, armes démesurées et dogfights sont aux rendez-vous de cette superbe adaptation. On n’échappe pas aux questionnements sur l’humanité, l’endoctrinement et le syndrome post-traumatique, ce qui est une prouesse sur un épisode aussi court

The Outer Worlds

The Outer Worlds, un RPG classique et à l’univers déjanté, est présenté sous un nouveau jour dans ce court-métrage intitulé Loin des yeux, près du cœur. On y suit un orphelin travaillant dur pour survivre sur sa planète usine. Quand l’amour de sa vie le quitte pour aller faire carrière au sein d’une corporation à la morale douteuse, il va tout faire pour aller la retrouver.

Véritable critique du fonctionnement parfois douteux des laboratoires pharmaceutiques, et plus généralement du fonctionnement des multinationales gigantesques, ce court-métrage est impressionnant. La qualité de l’animation et la patte graphique sont d’une qualité indéniable, le résultat n’en est que plus dérangeant. On voit un décalage entre le style S.-F. cartoonesque et l’horreur de ce que subit le personnage, ce même contraste se retrouve entre l’esprit du personnage et ce que son corps subit. Une réussite.

Exodus

Exodus : odyssée, où comment présenter le paradoxe temporel avec efficacité et poésie en seulement quinze minutes. Suivre un père cherchant sa fille au travers de l’espace, et donc du temps, tout en gardant les codes du space opera et son lot d’action, cela résulte d’un sacré tour de force.

C’est sur ces dilatations temporelles, inspirées d’Interstellar, que se base également le jeu dont est tiré ce court-métrage. Pas de date de sortie pour ce RPG de science-fiction, mais nous avons hâte de mettre nos doigts dessus !

Concord

Inspiré du hero-shooter éponyme, Concord : La saga de l’Implacable est un véritable hymne à la piraterie et au vent de liberté qu’on y retrouve. C’est également une belle leçon de science-fiction entre casse à coup de blaster et survie spatiale. L’équipage haut en couleur évoque les gardiens de la galaxie, les relations entre les personnages ressemble à « tous pour un et chacun pour soi ». L’équilibre entre urgence, volonté de survivre et impératif moral donne du corps à ce « space-cambriolage » et en fait un objet étonnant et attractif.

Honnor of Kings

Tiré d’un jeu de batailles d’arènes proche de League of Legend, Honnor of Kings : ainsi vont les choses, est une leçon de go en plein monde de fantasy japonaise. Un dieu contrôle la ville, il la fait bouger au gré de ses envies. Mais un jour, un tremblement de terre permet à des démons de s’échapper. Cette catastrophe laisse un jeune garçon, orphelin et esseulé. Depuis ce jour, la ville semble abandonnée par son dieu. L’enfant grandit, il est déterminé à affronter la divinité afin  de prendre sa place comme le veut la tradition.

Entre effets papillons, réflexion sur le destin et détermination, ce récit est un très bon équilibre entre poésie graphique et scénaristique.

Megaman, Spelunky et Playtime sont de l’ordre du spot publicitaire ou de la cinématique à gros budget, c’est un peu regrettable et on se demande ce que ces épisodes font là. Cela n’enlève rien à leur qualité, tant d’animation que d’écriture, mais la durée pour les deux premiers nous laissent sur notre faim et l’histoire ainsi que le contenu très « placement de produit » du dernier le font trop détonner du reste de la série.

En conclusion, hormis quelques épisodes moins aboutis ou plus ouvertement publicitaires, le studio Blur, derrière certains épisodes de Love Death and Robots n’a pas perdu la main. Il nous fait voyager dans une multitude d’univers comme il sait si bien le faire. Comme souvent avec lui, on en ressort avec une envie d’explorer plus en détail leurs créations et, l’espoir qu’un jour peut-être ils franchissent le pas pour nous offrir un long-métrage ou une série centrée sur une même histoire.

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