Doggybags : La série d’horreur à ne pas oublier

Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.

Doggybags est une série horrifique d’anthologie créée par le Label 619 et éditée par Ankama. Chaque titre propose trois récits, le plus souvent sous forme de one-shot. Trois histoires au scénario coup de poing et à l’esthétique unique, faisant la part belle à l’horreur.

S’inspirer du vieux pour faire du neuf

Doggybags est né avec une intention bien particulière, celle de rendre un hommage à la littérature pulp des années 1950, faire revivre l’esprit EC Comics de l’époque (Tales of the Crypt, Weird Science ou encore Shock Suspenstories), mais de façon moderne. 

Le défi est de taille, puisque le but est de retrouver le frisson de la lecture de ces anciennes histoires d’horreur, mises au placard depuis de nombreuses années par le Comics Code Authority. Des œuvres jugées trop violentes par le puritanisme américain et censées perturber la santé mentale de la jeunesse, à l’instar des jeux vidéo dans les années 2000.

Doggybags tome 1 par Run, Maudoux et Singelin
Doggybags tome 1 par Run, Maudoux et Singelin

Le premier tome de Doggybags donne vite le ton. Chaque récit est écrit par un artiste différent, respectivement Run (Mutafukaz), Maudoux (Freaks Squeele) et Singelin (Frontier, PTSD). Le récit de Run, presque entièrement graphique, mêle l’univers des clubs de bikers américains hors la loi, les fameux 1 %, à la thématique de la lycanthropie. Celui de Maudoux raconte l’histoire de la tueuse Masiko, de son enfant et de leur lutte pour survivre. Un récit bourré d’action, qui sert également de spin-off à Freaks Squeele. Masiko a d’ailleurs eu droit, depuis, à sa propre B.D. 

Quant à Singelin il signe une histoire directement inspiré d’un épisode de Shock Suspenstories : Carrion Death, la poursuite d’un braqueur par un policier en plein désert. Si, à l’époque, le récit avait l’air presque banal au milieu des autres, la remise au goût du jour par Singelin se montre pleine d’inspirations originales. Le policier à des allures de « Judge Dread », quant à la poursuite, elle semble tout droit tirée d’une production Grindhouse comme Boulevard de la mort, lui même inspiré des films de série B.

La totalité de la revue est agrémentée de textes introductifs, de pubs, de bonus, d’informations complémentaires, parfois utiles à la narration ou simplement pour le fun, de clins d’œil et de références réelles ou fictives. Elle se paye même le luxe de fournir un poster détachable. Il est difficile de ne pas faire l’éloge de Doggybags, au vu de sa qualité éditoriale pour son prix tout à fait modeste.

Il est même fort probable que ce soit son hommage aux pulps et la manière de traiter son contenu qui font qu’aujourd’hui la plupart des œuvres du Label 619 soient considérées, auprès des magasins et du lectorat, comme des comics. 

Doggybags c’est désormais 17 titres, plusieurs one-shots, pour une pléthore d’histoires et d’artistes différents. De nombreuses heures de lecture en perspective. Le numéro 6 à même été scénarisé en partie par Céline Tran ! 
Grâce à Doggybags, le Label 619 a pu rendre hommage à de nombreuses histoires qui avaient été invisibilisées par le Comic Code Authority, et participer à les faire connaître en France.  Aujourd’hui, des titres tels que Tales of the Crypt, Shock Suspenstories, Weird Science et bien d’autres ont été publiés par Akileos. Si les histoires de Doggybags vous ont plu, ou que vous souhaitez simplement découvrir tout un pan historique de la culture du comics, nous ne pouvons que vous conseiller de lire ces titres.

Le Label 619 est né en 2008, édité anciennement chez Ankama puis, à ce jour, chez Rue de Sèvres,  il s’est imposé comme une référence dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. C’est grâce à la diversité de ses titres, mais surtout  au talent de son collectif d’artistes. Aujourd’hui, on peut le dire sans peine, lire une œuvre du Label est à la fois un gage de qualité scénaristique, graphique et éditoriale.

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