Film d’animation indépendant, Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau est le deuxième long-métrage du réalisateur letton Gints Zilbalodis. Plongée (sous-marine) au cœur d’un récit onirique : le voyage d’un chat après que la montée des eaux a redessiné les contours du monde…
Un chat à la fin du monde
L’histoire s’ouvre sur un reflet dans une flaque d’eau : un chat noir au milieu de la forêt. La nuit venue, il se réfugie dans l’ancienne maison d’un menuisier passionné par les chats, envahie de statues félines. Seulement, l’humanité semble avoir disparu de ce monde et l’eau monte, inexorablement, sur les berges de la rivière…

© 2024 – Ufo Distribution
Bientôt, notre petit héros n’a plus le choix : il doit quitter son nid douillet et naviguer vers d’autres horizons. À bord de son bateau à voile, il sera rejoint par un capybara paresseux, un labrador enthousiaste, un lémurien cleptomane et un serpentaire dévoué. Ils devront apprendre à s’entraider et à compter sur la personnalité de chacun pour survivre dans ce nouveau monde.
Bruitages, rythme et animation au service de la perfection
Bien que Flow soit présenté comme un film muet, vous en prendrez plein les oreilles (et les yeux !) pendant près d’une heure et demie. Musiques, cris d’animaux, ronronnements et autres sons de la nature nous immergent dans une ambiance sonore aussi sensationnelle que la beauté des paysages tout au long du film.

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Pourtant, je ne qualifierais pas ce long-métrage de « contemplatif », car le scénario est riche en rebondissements et on ne s’ennuie pas une seconde. Le comportement des animaux a été étudié pour un rendu le plus réaliste possible, tout comme les relations entre eux, tantôt touchantes, drôles ou conflictuelles. Pas facile de cohabiter à bord d’un bateau ! Mais au contact des autres, chacun trouvera le courage de dépasser ses peurs, comme celle de nager dans l’eau pour le chat ou celle de perdre les objets qu’il accumule pour le lémurien.
Des rêves et des coïncidences
Pour raconter la fin du monde du point de vue animal, Gints Zilbalodis a pris le parti de ne pas tisser une intrigue toujours rationnelle. Malgré l’immensité du monde et la gravité des inondations, le bateau croisera tout au long de l’histoire des personnages secondaires et des objets déjà présents au début du film, cherchant le symbolisme plutôt que la crédibilité.
Certains passages, plus oniriques, resteront libres à différentes interprétations, comme le destin du serpentaire. Le dénouement de l’intrigue n’est pas non plus réellement expliqué.

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| Film muet qui laisse la parole aux animaux, Flow propose un récit universel sur la vie en société, l’adaptation à son environnement et le dépassement de soi. Ce bijou d’animation sur la fin du monde nous donnerait presque envie qu’elle ressemble à cela… |