Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.
S’il y a un film qui a su lier la musique et l’animation avec brio, c’est bel et bien Fantasia, réalisé par les studios Disney en 1940, puis ressorti en 2000 dans une nouvelle mouture. Lors de sa première diffusion, le film n’est que le troisième réalisé par les créateurs de Mickey Mouse, mais il se paye malgré tout les services d’une horde d’animateurs émérites, ainsi que ceux de l’orchestre de Philadelphie. Expérimental de bout en bout, le film garde un mutisme bienvenu, à l’exception de quelques explications du conteur, présent pour contextualiser la création des morceaux d’animation.
La fantaisie de Disney
Au-delà d’être une performance graphique inédite pour l’époque, en imageant les réactions, parfois abstraites, que notre esprit peut avoir en écoutant de la musique classique, Fantasia est aussi et surtout une lettre d’amour pour certains des plus grands morceaux du répertoire musical humain. De Tchaikovsky à George Gershwin, ce film d’animation enchaîne de courtes scènes abstraites, comme tirées de récits épiques qui proposent d’explorer nos sens avec une virtuosité rare. Il n’y a qu’à revoir la splendide interprétation de L’Oiseau de feu, où une Dame Nature verdoyante tapisse l’horizon de verdure, pour ressentir un choc graphique et musical de toute beauté.
Entrez dans la danse (classique) !
Classique intemporel dont la patte ne vieillit jamais, les deux propositions de Disney, en 1940 et 2000, alternent divers styles et approches afin de sensibiliser, en parallèle, un jeune public à la musique classique et moderne. Impossible alors, après visionnage de l’animation du morceau jazz Rhapsody in Blue, de ne plus avoir en tête ces lignes urbaines new-yorkaises qui s’élèvent jusqu’à l’horizon, tant l’alliance entre ce que fait ressentir la musique et son application graphique fonctionne à merveille.
| Premier volet d’une trilogie n’ayant jamais vu le jour, Fantasia a offert son lot de moments forts, aussi bien graphiquement qu’émotionnellement, tout en restant parmi les quelques créations injustement méconnues du studio. Il mériterait pourtant d’être vu et revu, afin que ne soit jamais oublié ce merveilleux morceau de la période expérimentale de Disney. |