Halloween 2024 : des romans pour frissonner !

Si la chasse aux bonbons n’est pas votre truc, si vous en avez assez des soirées déguisées, ou si vous cherchez simplement quelques livres pour frissonner, cette sélection de romans parfait pour Halloween a tout pour vous plaire ! Vampire pervers, garçon du cimetière, ville cancer ou ou labyrinthe liminal ? À vous de choisir.

  1. Le conseil d’Exo – L’Empire du vampire de Jay Kristoff
    1. Dark fantasy érotique
  2. Le conseil de Goupilit : Cemetery Boys, Aiden Thomas
    1. Des personnages forts
    2. Entre bien et mal
  3. Le conseil d’Alex : Carcinopolis, Julien Hirt
    1. Entre polar et horreur
    2. Brutaliste
  4. Le conseil de Matiou : Creepypasta 1 ; Backrooms, Maxime Mirabel
    1. Fantastique et horrifique

Le conseil d’Exo – L’Empire du vampire de Jay Kristoff

« Nous accueillons un nouveau frère dans cette maison qui est la tienne, ô Seigneur. Khalid m’a regardé droit dans les yeux. Sa naissance est une abomination. Sa vie, une transgression. Son âme destinée à la perdition. Mais nous t’implorons, donne-lui la force qui lui permettra de surmonter la faute de sa création et de marcher la tête haute contre cette nuit infinie.
– Véris »

L’Empire du vampire, éditions De Saxus, Jay Kristoff

Un gamin perdu dans sa campagne voit la mort du jour arriver, le soleil a cessé de briller. Il n’est plus qu’une pâle lueur dans le ciel. La flore se meurt, seuls d’étranges champignons recouvrent les troncs décharnés. Ce n’est qu’un moindre mal face aux horreurs qui vont sortir de la nuit éternelle.

Gabriel de Léon est un saint d’argent, un clerc recruté et formé dès l’enfance pour chasser les vampires et leurs engeances. Il est le dernier de son ordre et le monde se meurt. L’une des grandes familles de suceurs de sang qui règnent sur le monde, les Chastain, le retiennent prisonnier pendant que l’humanité vit ses dernières heures. Alors qu’il pensait être torturé, savouré puis exécuté, il fait la rencontre de Jean-François, vampire de haute lignée et historien. Ce dernier exige de lui qu’il raconte en détail toute sa vie, de son enfance à sa capture.

Dark fantasy érotique

Le texte joue de ce prétexte pour proposer une narration entre première et troisième personne, entre présent et temps du récit. Cela s’ajoute à l’immersion totale que propose cet ouvrage : une véritable plongée au cœur de l’une des œuvres de dark fantasy les plus viscérales qui soient. Jay Kristoff, connu pour son goût particulier pour les scènes érotiques, ne nous épargne pas, tout comme lorsqu’il s’agit de violence par ailleurs. Cette épopée est puissante, ambigüe et terrifiante.

Petit conseil de lecture pour en profiter à fond : lisez ce livre au coin du feu, par une journée pluvieuse ou brumeuse, mais pensez à l’eau bénite à au couteau en argent avant !

« “La mère de Julieta est sortie de chez eux en courant, elle pleurait de joie. […] Et Julieta lui a arraché la gorge devant nous. Elle l’a juste, putain… ouverte comme un fruit mûr. Après, Ami s’est elle aussi jeté sur le corps […].”  Gabriel avala avec difficulté “Je n’ai jamais oublié ce bruit, quand elle s’est mise à boire.” »

L’Empire du vampire, éditions De Saxus, Jay Kristoff

Le conseil de Goupilit : Cemetery Boys, Aiden Thomas

« Et même si la mort n’était pas la fin, il n’avait pas encore fini de vivre. »

Cemetery Boys, éditions ActuSF, Aiden Thomas

Yadriel vit dans une communauté de sorciers à Los Angeles. Les femmes brujas guérissent les vivants, les hommes brujos guident les esprits des morts. Yadriel, aidé de sa meilleure amie Maritza, est bien décidé à prouver à sa famille qu’il est un brujo, surtout lorsque son cousin disparaît. Mais l’esprit qu’il appelle n’est pas tout à fait le bon…

Des personnages forts

Si la trame de ce roman ne révolutionne pas le fantastique young adult, ses personnages sont sa plus grande force, entre Yadriel, un héros transgenre latino-américain (récit own-voice), et Julian, un fantôme charismatique avec sa grande gueule mais son grand cœur, qui ne laisse pas Yadriel indifférent…

Aiden Thomas dépeint sa culture, celle de l’Amérique latine, grâce à la présence importante pour ses personnages de la figure de Santa Muerte, mais aussi à travers la dénonciation des injustices sociales et l’abondance du vocabulaire espagnol. Même si la traduction française aurait gagné à s’accompagner d’un glossaire pour les lecteurs qui ne parlent pas un mot de cette langue, le style d’écriture simple et très peu descriptif se lit tout seul.

Entre bien et mal

L’intrigue verse un peu dans la facilité, avec la révélation d’un antagoniste assez prévisible, même si j’ai apprécié la nuance entre le bien et le mal dans le fond de l’histoire. Le happy end servi est presque trop beau par rapport au reste du récit, mais là encore, je vais nuancer mon propos, car les fins heureuses pour des personnages queers sont encore rares, et il en faut pour donner de l’espoir aux adolescents concernés.

Une lecture aux thématiques fortes, parfaite pour de jeunes (ou moins jeunes) lecteurs !

Le conseil d’Alex : Carcinopolis, Julien Hirt

« Il s’agit d’un morceau d’une autre dimension, quelque-chose de mauvais, de pas d’ici, qui tente de se tailler une place chez nous… »

Carcinopolis, PVH éditions, Julien Hirt

Prométhée Kasonga est confronté à l’impossible lorsqu’il se met à enquêter sur la disparition de sa cousine Monique. Là où aurait dû se trouver le centre communautaire où elle travaillait, il y a désormais un immeuble, étrange et inquiétant. En pénétrant les lieux, Prométhée se trouve happé dans une autre réalité : celle d’une ville-cancer qui s’étend à l’infini, pour infecter et coloniser son propre monde. La ville croît, la ville dévore, et elle ne veut pas que quiconque lui échappe…

Entre polar et horreur

Ce roman entre polar et horreur s’inspire à la fois de la culture des Backrooms, des dimensions lovecraftiennes et d’un cauchemar protéiforme, celui contre lequel on ne peut rien et dont on se réveille perturbé sans parvenir à en saisir la raison exacte. Outre sa capacité à nous faire glisser petit à petit de l’enquête à l’angoisse, le talent de ce roman vient de la grande humanité de ses personnages. Loin des héros naïfs de slashers ou des soldats sans peur des actions-horreurs, Prométhée, Regina, Pia et leur compagnon de fortune Digger s’interrogent de façon crédible et agissent de manière cohérente. Dans cet immeuble étrange où le danger guette à l’angle de chaque couloir et où le dévoiement des lois de la physique pourrait mener à la folie, le lecteur se reconnaît dans les failles de chaque personnage.

Brutaliste

Un autre domaine dans lequel Julien Hirt excelle, c’est lorsqu’il s’agit de nous faire visualiser les environnements qui servent de cadres à son récit. En parcourant Carcinopolis, on imagine sans mal l’architecture brutaliste, post-Seconde Guerre, des bâtiments. On peut sentir la texture miteuse de la moquette qui recouvre les couloirs, des couloirs qui rappellent presque ceux de Shining où de l’hôtel Ocean view de Control à cause de leur aspect inquiétant, mais aussi par leur côté changeant et imprévisible. 

Si Carcinopolis n’est pas un livre d’horreur à la manière d’un Stephen King ou dont l’angoisse poursuit longtemps son lecteur comme sait si bien le faire Mariana Enriques dans ses œuvres, il excelle dans la manière de poser son intrigue pas à pas pour tisser un récit brillant. Une excellente lecture pour frissonner lors d’Halloween !

Le conseil de Matiou : Creepypasta 1 ; Backrooms, Maxime Mirabel

« La pièce est vide, une large ouverture face à Sam laisse voir une enfilade de salles, similaires, qui s’étirent au loin. »

Creepypasta 1 : Backrooms, éditions Cordes de lune, Maxime Mirabel

Perçues comme des légendes, les Backrooms deviennent une terrible réalité pour le groupe d’amis, Sam, Dakota, Ambre et Junior. Dans un autre espace-temps, leur monde n’est plus constitué que par des salles à répétition, de la moquette vieillissante, des néons bruyants et des entités hallucinogènes. D’étranges choses apparaissent dans les recoins et les peurs resurgissent, le groupe d’amis saura-t-il faire face à cette glaçante mésaventure ?

Fantastique et horrifique

S’inspirant des histoires collaboratives des creepypasta, Maxime Mirabel a choisi d’explorer les espaces liminaux des Backrooms. Véritable classique parmi les histoires fantastiques et horrifiques d’Internet, ce livre nous offre sa belle version des salles infinies !

Rien ne vous prépare mentalement à subir les supplices du vide et du silence oppressant. Un espoir est tout de même permis quand, au détour d’une ombre et à travers une porte, les retrouvailles écartent le danger et exaltent les plus belles émotions. 

Une lecture parfaite pour se faire peur et un roman essentiel pour toutes celles et ceux attirés par les creepypasta !

Frissons, mystères et sueurs froides ! Que vous soyez amateur de sortilèges ou de créatures de l’ombre, préparez-vous à dormir… les yeux ouverts. Après tout, un bon livre peut vous hanter bien plus longtemps qu’un simple fantôme. 🎃 Bonne lecture, si vous osez ! 👻

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