Si American Elsewhere n’est pas le premier roman de Robert Jackson Bennett, c’est sans doute celui qui l’a propulsé au rang d’auteur iconique de l’imaginaire. Véritable hommage aux œuvres fantastique des années 1990 – 2000, avec une touche de science-fiction qui rappelle Memphis, Persons Unknown ou Half Life et une dimension psychologique assumée, le roman pose parfaitement son ambiance lorsqu’il nous transpose dans sa petite ville américaine qui semble isolée, hors du temps.
Ayant toujours eu une relation difficile avec son père depuis le suicide de sa mère, Mona Bright n’est pas vraiment affectée par le décès de celui-ci. En revanche, elle est surprise lorsqu’elle apprend qu’elle hérite d’une maison dans la mystérieuse ville de Wink. Une maison dans laquelle ses parents et elle n’ont jamais vécu, dont elle n’a jamais entendu parler, dans une ville qui ne semble exister sur aucune carte. Avec ses petites rues calmes, ses pavillons coquets et son ambiance qui semble issue d’une utopie des années 1950, Wink a tout le charme du rêve américain tel qu’il était vendu dans des publicités rétro. Dès son arrivée, Mona se rend compte qu’elle pourrait en apprendre beaucoup sur sa mère, sur les raisons qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours et sur ce non-dit qui est toujours resté entre son père et elle. Rapidement, elle s’aperçoit aussi qu’il y a quelque chose de bizarre dans cette ville et ses habitants, comme si tous avaient peur d’une menace invisible qui planerait tout autour d’eux.
Doté d’une atmosphère inquiétante et d’une écriture qui en fait un véritable page turner, American Elsewhere sait parfaitement rendre le malaise d’un quotidien trop parfait – pelouses impeccables, sourires perpétuels, nuits calmes –, entre thriller, horreur et mystère. Une lecture à (re)découvrir, que l’ont soit déjà fan de l’auteur ou pas.