Dream Scenario, le rêve fiévreux de Nicolas Cage

Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.

La carrière de Nicolas Cage est certainement l’une des plus singulières d’Hollywood:  pavée de films cultes (Lord of war, Snake Eyes, A Tombeaux ouverts, Arizona Junior)  comme de terribles navets (Ghost Rider 2, L’Apprenti sorcier, 12 Heures), c’est en particulier sur ces dernières années que sa réputation a transcendé de manière méta son propre personnage pour devenir un cas à part dans l’industrie. 

Au travers de ses déboires durant les années 2010, où l’acteur sur le déclin et criblé de dettes s’est retrouvé contraint de tourner dans tout et n’importe quoi, il s’est aussi illustré aux côtés de réalisateurs plus expérimentaux. Cela aura donné des résultats variables, allant du troublant, mais ennuyeux Prisoners of the Ghostland ou de Sono Sion au surprenant et captivant Pig, de Michael Sarnoski. Cela est même allé plus loin, dans le récent Un Talent en or massif, où Cage s’incarne lui-même, nous permettant d’aller jusqu’à se demander si, au regard de sa filmographie aux facettes multiples, il n’aurait pas finalement fait le tour de l’horizon filmique.

Et pourtant avec Dream Scenario,le nouveau film de Kristofer Brogli (qu’on côtoyait déjà en début d’année 2023 avec l’acide Sick of Myself), Cage montre qu’il peut encore briller et s’illustrer dans des rôles marquants. Les fans du premier métrage du réalisateur norvégien retrouveront ici ce regard cynique sur les travers de la célébrité éphémère dans notre société contemporaine.

Electric Dreams

Mais là où dans Sick of Myself, la jeune Signe guettait l’attention de manière maladive, le personnage de Paul Matthews, incarné par Cage, la recherche avec une plus grande discrétion et un aspect profondément misérable. Ce monsieur tout-le-monde se retrouve pourtant projeté sur le devant de la scène mondiale de manière totalement incongrue, lorsqu’il se met à apparaître dans les rêves des gens de manière récurrente et sans raison apparente.

De ce postulat original, Borgli forge un film visuellement intrigant, dont les intrications sonores et les transitions marquent un découpage chaotique, mais savamment maîtrisé. Si l’on aurait cependant aimé voir davantage de rêveries improbables en présence de notre cher Nicolas Cage, l’acidité du propos face à la banalité affligeante du personnage de Paul Matthews marquera les esprits par sa vision d’un quotidien morne et sans aspérités, contraint de cohabiter avec les affres de la célébrité éphémère. Cage, quant à lui, échappe au cabotinage d’un La Couleur tombée du ciel pour se concentrer sur un jeu sobre et efficace qui colle parfaitement au personnage.

Pour autant, le propos de Borgli se dilue vers la fin, quand il semble vouloir aller dans un peu trop de directions à la fois : critique du capitalisme, du pouvoir décisionnaire des réseaux sociaux sur la sphère publique, de la cancel culture… Il est dommage de ne pas être resté centré sur le sujet de base

« Qui regarde dehors rêve. Qui regarde à l’intérieur se réveille. »

Carl Gustav Jung

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