Witcher Ronin : Un sorceleur au Japon

Difficile désormais de se procurer ce recueil de BD issu d’une campagne Kickstarter, pourtant, The Witcher Ronin aurait mérité une large diffusion au vu de sa qualité. Né d’une idée toute simple : et si l’histoire de Geralt de Riv s’était déroulée au Japon féodal ? L’œuvre troque les monstres du folklore slave contre des yokaïs et des kamis. Une relecture fascinante et monstrueusement bien réalisée.

« Le vrai monstre ici, c’est vous. »

The Witcher Ronin, Jaki – Hataya, CD Projekt Red

À la poursuite de Yuki Ona

Geralt est un ronin, un samouraï errant qui combat les monstres contre un toit sous lequel dormir, un repas chaud et quelques ryos. S’il parcours le Japon, c’est aussi pour accomplir une quête plus personnelle : retrouver Yuki Ona, un esprit des neiges maléfique qui, sous l’apparence d’une belle jeune femme, gèle de pauvre innocents jusqu’à la mort, mais provoque aussi des tempêtes et des avalanches. La créature serait aussi celle qui dirige le Hyakki-Yagyō, la meute des cent onis qui rodent dans la nuit et qui terrorisent les humains. 

Pour retrouver son ennemi juré, Geralt accepte tout contrat susceptible de lui offrir des informations à son sujet. C’est ainsi qu’il se retrouve dans un village dont les habitants sont la proie de kappas agressifs, mais comme toujours dans l’univers du sorceleur les apparences sont trompeuses et la vérité plus complexe qu’il n’y paraît.

Polymorphe

Il n’est pas surprenant que l’œuvre de Sapkowski se prête aussi bien à une réinterprétation japonaise. Le code d’honneur des sorceleurs rappelle celui des samouraïs, la variété de mythes et de légendes du folklore nippon s’adapte particulièrement bien à l’univers et les personnages charismatiques de l’histoire originale trouvent sans mal leur place au pays du soleil levant.

Par ailleurs, ce sont six artistes différents qui ont travaillé sur ce recueil. L’histoire principale est le fruit de Rafal Jaki auteur de bandes dessinées qui a aussi travaillé sur la série Edgerunners pour Netflix et sur le développement du Gwynt pour CD Projekt Red, et d’Hataya, une illustratrice passionnée par les créatures fantasmagoriques.

En plus de ceux-là, trois histoires courtes réalisées par Akiramela , Akira Mitsuwa et Hanzo, offriront aux fans de l’univers des relectures supplémentaires de certains des moments les plus emblématiques de The Witcher tout en leur proposant des personnages iconiques des livres et jeux vidéo, réinterprétés pour le manga. 

La fin du recueil propose un bestiaire fourni. C’est l’œuvre de Matthew Meyer, un spécialiste des yokai qui se fait un devoir d’illustrer le folklore japonais depuis plus de dix ans. C’est aussi l’occasion de découvrir de superbes artworks qui offrent des couvertures alternatives au différents récits.

Si malheureusement la campagne kickstarter est depuis longtemps finie et qu’il est donc très difficile de se procurer The Witcher Ronin en version française en dehors de revendeurs d’occasion (attention aux arnaqueurs !), le titre reste disponible en version dématérialisée et en anglais chez Dark Horse comics. Dans tous les cas, si vous en avez l’opportunité, n’hésitez pas à découvrir cette bande dessinée sublime, qui étend un peu plus l’univers du célèbre sorceleur d’Andrzej Sapkowski.

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