Le Livre qui refusait de brûler, de Mark Lawrence

Le Livre qui refusait de brûler, écrit par Mark Lawrence, est le premier tome d’une trilogie publiée par les éditions Bragelonne. Ce roman, qui inaugure une nouvelle saga, semble promettre une aventure où la quête de connaissance se mêle à des enjeux politiques et sociaux. Mais qu’en est-il vraiment ?

« Parfois, une armée ne saurait enrayer un événement déclenché par la caresse d’une plume. »

L’histoire

Evar a grandi enfermé dans une salle infinie, remplie de livres anciens, isolé du monde extérieur en compagnie de ses quatre frères et sœurs. Ses jours se sont écoulés dans la solitude et l’exploration des connaissances conservées dans cet endroit mystérieux, plus ancien que les empires eux-mêmes. De son côté, Livira a vécu en marge de la civilisation, dans un territoire sauvage où les cauchemars rôdent. Lorsque son village est ravagé par un peuple mystérieux, elle est emmenée vers la Grande Bibliothèque, le centre névralgique du royaume, où elle se plonge dans l’étude des secrets qu’elle renferme.

Lors d’une exploration hasardeuse de la bibliothèque, Livira et Evar traversent le temps et l’espace pour se rencontrer. Tous deux concentrés sur leur propre quête, ils vont s’aider à travers les époques.

Une immersion difficile

Dès les premières pages, le roman impose un univers complexe avec une multitude d’éléments à assimiler, sans offrir suffisamment d’explications pour guider le lecteur. Cette abondance d’informations, mitraillée à presque chaque page, rend l’immersion laborieuse à cause des réflexions qu’elle provoque. Ces informations sont-elles importantes ? Dois-je les garder en mémoire ? Ces deux questions gâchent l’expérience de lecture. Les personnages eux-mêmes sont difficilement saisissables, en partie à cause de la rareté des descriptions basiques. Il s’agit par exemple de découvrir après plusieurs pages que certains personnages que l’on imaginait enfants sont en réalité des adultes. De plus, l’intrigue avance à un rythme déroutant, oscillant entre des passages où il se passe peu de choses et d’autres où les informations s’enchaînent trop rapidement, empêchant le lecteur de les assimiler correctement.

Un univers confus et une intrigue qui l’est tout autant

Probablement une conséquence de l’immersion difficile, l’univers du roman est complexe à cerner. Les personnages du Soldat, de l’Assistante et le concept de Mécanisme manquent cruellement de clarté, tant en termes de fonction que d’apparence. L’absence d’éléments explicatifs laisse le lecteur dans un flou constant, et rend le monde créé par l’auteur réellement difficile à appréhender. Ce manque de compréhension s’ajoute à une intrigue qui tarde à se mettre en place, pour ne devenir intéressante qu’après environ 200 pages (puis qui s’essouffle des dizaines de pages plus tard). D’autant que le fil conducteur de l’histoire reste obscur. Bien que Livira, archétype de l’héroïne curieuse et réformatrice, parvienne à capter l’attention, sa mémoire infaillible apparaît comme une facilité scénaristique (bien que j’aie du mal à le voir d’un mauvais œil, étant donné qu’elle permet au moins d’apporter un peu de simplicité dans ce récit complexe).

Ce roman s’avère être un défi de lecture, non pas à cause de sa profondeur, mais par la difficulté à s’immerger dans son univers mal défini et son intrigue qui se révèle tardivement. L’histoire s’étire sur trop de pages pour le contenu qu’elle propose, laissant le lecteur avec un sentiment d’inachevé et de confusion quant à l’objectif réel de l’auteur.

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