Envie d’un récit puissant et poétique, au sein d’une famille déchirée par le passé ? Ce que les corbeaux nous laissent est le premier roman graphique de l’autrice normande Sophie Leullier, déjà habituée de l’illustration pour la jeunesse, du cinéma d’animation et du jeu vidéo. À retrouver le 6 septembre aux éditions Dupuis !
L’histoire
Dans les contrées normandes du IXe siècle, Galwinthe élève seule ses deux fils, Tarik et Adalrik, après avoir échappé au bûcher pour des accusations de sorcellerie dans son ancien village. Malheureusement, son passé la rattrape lorsque son fils aîné, Adalrik, est assassiné sous les yeux de son petit frère.
Sept ans plus tard, Tarik ne parvient pas à pardonner. Ni aux assassins ni à lui-même. Seul son désir de vengeance semble pouvoir l’aider à faire son deuil. Hanté par le fantôme de son frère, il s’éloigne de plus en plus de sa mère, qui cherche comment guider Adalrik dans le royaume des morts alors que son corps demeure introuvable…
Un récit centré sur l’émotion… pari réussi !
Ne vous laissez pas avoir par les traits doux que prennent les personnages sous le crayon de Sophie Leullier : cette histoire est dure, très dure. Même si l’éditeur la conseille pour un lectorat tout public à partir de 12 ans, il faut avoir le cœur bien accroché pour s’engager dans cette spirale de vengeance, qui a injustement causé la mort d’Adalrik alors qu’il n’était qu’un enfant avec toute la vie devant lui.
L’autrice mentionne elle-même, à la fin de l’ouvrage, qu’elle souhaitait centrer son récit sur l’émotion et les relations entre les personnages : pari réussi. Chacun des protagonistes m’a chamboulée.
Tarik, en premier lieu, se cherche énormément et ne cesse de s’en vouloir pour la mort de son frère. S’il noie son chagrin dans l’alcool, il accepte parfois une main tendue pour l’aider. Il a grandi entre les croyances celtes et vikings grâce à sa mère et connaît les plantes qui soignent. J’ai trouvé très juste les deux représentations d’Adalrik, tels l’ange et le démon sur ses épaules, mais dans une version mythologie nordique, qui le poursuivent et guident ses faits et gestes.
Galwinthe, quant à elle, est une figure maternelle extrêmement forte, forgée par des années de survie et de trahisons, alors qu’elle ne demandait qu’à profiter de la vie. Douce envers ses fils, elle se révèle sans pitié pour les protéger. J’ai admiré son courage et apprécié la touche de romance saphique avec une de ses voisines dans le récit.
| Une histoire familiale poignante au cœur de la Normandie médiévale et de la mythologie nordique, à ne pas mettre entre toutes les mains cependant. Je n’aurais pas été contre cinquante pages de plus pour approfondir davantage les personnages secondaires et les antagonistes. |
Cet ouvrage a été chroniqué dans le cadre d’un service presse.