Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.
Au delà d’être un auteur majeur de la littérature fantastique américaine, créateur de Cthulhu, Howard Phillip Lovecraft était aussi un correspondant assidu, ayant conversé par voie postale avec grand nombres de ses contemporains, tels que Clark Ashton Smith (Zothique, Hyperborée, Averoigne), Robert Howard (Conan le Cimmérien) ou Frank Belknap Long (Les Chiens de Tindalos). Cet héritage épistolaire est longtemps resté non traduit en France, jusqu’à ce que les éditions du 81 nous gratifient d’une sélection de 86 lettres allant de 1927 à 1929. Une goutte d’eau dans l’abondante correspondance de l’auteur, mais suffisante pour entrevoir la personnalité singulière de cette figure de la littérature. Préparez-vous pour un retour à Providence !
Plongée dans la folie lovecraftienne
Pour le fan ardu comme le néophyte, découvrir Lovecraft sous une autre facette est fascinant. Le personnage, que l’on croit d’ordinaire solitaire et reclus dans sa demeure de Providence, se montre ici comme un infatigable marcheur et explorateur des terres américaines alentour, rêvant de voyage, mais n’en ayant que rarement les moyens (il faut rappeler qu’à cette époque, écrire des nouvelles pour le magazine Weird Tales, ça ne rapporte pas son pesant de dollars).
On découvre aussi toutes sortes d’informations insolites, comme son amour pour les haricots industriels (vous trouverez sa marque favorite dans ce recueil), sa combinaison de couleurs préférée, ou bien ses rêves fiévreux, dans lesquels il se prend pour un citoyen romain. Mais la vie de Lovecraft est aussi rythmée par des réflexions artistiques, philosophiques et littéraires permettant de contempler l’aspect érudit du monsieur (on lui découvre un amour sincère pour les œuvres de Walter de La Mare, E. R. R. Eddisson et Lord Dunsany, édités chez Callidor en France).
La traduction de Vincent-Pierre Angouillant est d’ailleurs le point fort de cette sélection, grâce à son grand travail de recherche et de contextualisation, souvent rendu ardu par l’accumulation de private jokes, jeux de mots et moult références érudites, de l’auteur.
| Cette sélection de lettres, c’est donc du caviar pour fans du lore lovecraftien, tant on y découvre des références, des ouvrages phares dans la culture de l’auteur, ainsi que des formes d’explications sur son processus créatif. En clair, un must-read ! |
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